Désir

Auteur: Alexandra Hubin, sexologue

Manque de désirManque de désir… Trop de désir… Envies différentes de celles de mon partenaire…

La relation sexuelle est la découverte intime de l’autre. Au-delà du simple plaisir physique, en soi non négligeable, il permet une communication totale avec toutes les parties de la personnalité de notre partenaire.

C’est également une véritable découverte de sensations agréables ; on se découvre, on cherche ce qu’on a envie d’expérimenter avec notre partenaire, on prend le temps de savourer ce plaisir partagé, en gros on le goûte pour soi et à travers l’autre, en relation avec l’autre!

S’il ne suffit pas de faire souvent l’amour pour résoudre tous les problèmes de couple, il est a contrario plus juste de dire qu’un couple qui ne fait plus l’amour ou dont les partenaires sont frustrés et insatisfaits court à sa perte. S’il existe des insatisfactions, il faut les affronter tout de suite.

Quand parle t-on de « trouble du désir sexuel »?

Plusieurs facteurs influencent le désir sexuel, tant des facteurs individuels (éducation reçue, culture, âge, religion, état de santé, …) que relationnels (conflits conjugaux, communication pauvre sur les plans affectif et sexuel, durée de la relation amoureuse, …).

Au moins une personne sur trois qui consulte pour un problème sexuel expérimente une perte de désir. Ce manque d’intérêt pour l’activité sexuelle peut s’accompagner d’autres facteurs tels que:

* des difficultés à obtenir une érection pour l’homme
* une mauvaise lubrification et des douleurs lors de la pénétration pour la femme.

Nous ne considérons pas cette difficulté en fonction du nombre de relations sexuelles par semaine, par mois ou par an que connaît le couple. La manière dont le couple vit sa sexualité est ce qui importe véritablement. Si un des deux éprouve une certaine frustration, il est indispensable pour le couple de trouver une alternative pour la bonne santé de leur relation. C’est un partage indispensable. Que les deux membres du couple n’ai pas la même fréquence de désir sexuel et au même moment est inévitable ; toutefois il est important pour le couple de trouver son équilibre.

Est-ce fréquent?

La baisse ou l’absence de désir est très fréquent, surtout chez les femmes. En effet, grâce à la testostérone, les hommes ont un accès beaucoup plus direct à la sexualité. Si nous prenons l’exemple d’un homme au lit sur le poids de s’endormir, celui-ci pourra être rapidement excité à la vue de sa partenaire qui se déshabille. Par contre, une femme prête à s’endormir qui voit son conjoint se déshabiller ne sera, en général, pas excitée pour autant. La raison en est simple ; en effet, le corps de la femme libère une quantité tellement faible de testostérone que son désir naît plutôt d’un environnement qui favorise l’affection, la communication, l’émotion et la sensualité.

Cependant, il est faux de croire que nous naissons avec un certain niveau de désir sexuel et que nous ne pouvons rien faire pour le modifier. De la même manière qu’il existe plusieurs facteurs pouvant expliquer le manque de désir et le maintenir, différentes façons peuvent l’augmenter. Certains moyens peuvent être bien concrets, tels la prise d’hormones, l’améliorer de la communication sensuelle du couple, l’utilisation de fantasmes sexuels, la recherche de créativité, …

Des traitements ?

Bien souvent, nous entendons dire que le « besoin sexuel » est d’ordre biologique. Si tel était le cas, les traitements pourraient se résumer à ajouter des hormones comme la testostérone chez les personnes éprouvent un manque de désir ou la réduction de cette même hormone si le désir est trop envahissant. A ce sujet, nous trouverons bientôt sur le marché belge un patch diffuseur de testostérone qui aura pour effet d’augmenter le désir sexuel des femmes menopausées. Pour les hommes, il est tout de même souhaitable de faire une prise de sang afin de vérifier votre taux de testostérone. Votre médecin vous en prescrira si nécessaire.

Cependant, cette vision est beaucoup trop limitative ; le désir n’est pas que la résultante du taux d’hormones, il est aussi influencé par le psychique. Ce dernier module l’intensité, la fréquence et l’orientation de notre désir. Nous pourrions réaliser un parallélisme avec le carburant. Ce dernier est indispensable pour qu’une voiture puisse fonctionner, mais le niveau d’essence n’a pas d’impact sur la vitesse du véhicule. Il appartient toujours au conducteur de moduler la vitesse de la voiture.

Un traitement sexothérapeutique est judicieusement envisageable. Après une investigation sur les causes d’une absence de désir ou une baisse de celui-ci, la sexothérapie aide généralement la personne, homme ou femme, à se centrer sur l’ensemble des stimulations déclencheurs de désir et aborde les différentes stratégies qu’elle peut mettre en place pour faire augmenter son désir sexuel. Vous y apprendrez aussi à maintenir, ou à rétablir, une communication sensuelle et érotique entre vous et votre partenaire.

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